Il y a un mec qui habite chez moi

J’ai décidé de faire le grand saut, de devenir une adulte.

Vision de moi préparant un quatre-quart pour le gouter dominical #Peur

J’ai pris un appartement, avec un garçon (= Nom masculin singulier, bipède muni d’une paire de burnes qu’il aime gratter quand il réfléchit ou quand il a faim. ils ont peur des requins et de l’engagement) appelons-le Maverick (en toute simplicité).

Alors qu’est ce qui pousse deux êtres humains complètement névrosés à utiliser les mêmes lieux d’aisance et s’endormir devant Taddei (oui c’est ma vision du couple vu de l’extérieur)?

La réponse est : Aucune. C’est bien ça le problème. Personne ne  nous a forcés.

Dans le fond, quand on décide d’emménager avec quelqu’un, c’est rarement un parfait inconnu. On a déjà vécu certains affres, Il a tué cette horrible araignée pour nous et il chopé le truc quant à la lunettes des chiottes. On est quasi invincibles quoi.

C’est ce que je me disais avant d’accoler ma signature en bas d’un document (le bail, pas le PACS) et d’y voir un autre nom que le mien.

A un moment donné je me suis demandé qui était cet intrus sur « mon » document officiel. Et puis je me suis souvenue qu’on couchait ensemble depuis pas mal de temps déjà et que nos brosses à dents étaient toutes les deux de la même couleur (ce qui est chiant en fait). Je ne me suis pas méfiée, j’ai signé.

Bref en sortant de la signature j’ai eu envie d’appeler ma mère (!?!)

– « Allô Maman? C’est moi, je viens de signer le bail du nouvel appart avec Maverick »

– « Ah c’est bien! C’est qui Maverick? »

C’est là que je me suis aperçue que j’appelais jamais ma mère, du coup elle avait pas l’update, genre j’ai un mec, tout ça (et puis surtout elle a pas vu Top Gun, c’est ce qui me fait le plus chier). J’ai aussi pris conscience que ce déménagement serait un grand cataclysme dans nos vies. Il n’était plus question de s’en tenir à ne plus faire caca la porte ouverte, dorénavant nous allions rentrer nos vie perso respectives, présenter nos parents, trouver des prodiges d’inventions pour les empêcher de se taper l’incruste le dimanche chez nous, ETC…

Jusqu’à présent moi j’étais obsédée par l’idée qu’il fallait qu’il ignore que j’ai des poils de nez et ne plus trouver de culottes de ses exs dans son appart. Je pensais que la vie à deux n’était plus ou moins qu’un genre de reboot. En fait, PAS DU TOUT.

Force m’est de constater que ça va être un poil plus impliquant de part et d’autre. Du coup j’observe les couples dans les restau, au Franprix (tous les sociologues de renom font des études dans les Franprix c’est bien connu), dans le métro etc… Et j’en suis arrivée à cette conclusion toute con : VOUS ÊTES CHIANTESQUES.

Je comprends bien que la vie à deux ça ne peut pas être Cabaret tous les soirs, mais je comprends surtout que je suis pas prête d’arrêter de fumer. Alors pour me donner du coeur à l’ouvrage (je déménage demain, il est peut-être trop tard) j’ai fait une liste de tous les trucs que je ne ferais jamais en couple :

Ne jamais prononcer la phrase « Tu rentres diner pour quelle heure? »

Je vais bouffer froid, ou seule ou pas du tout, mais c’est pas grave parce que je serai pas la meuf qui vit dans un couple chiant!

Faire les courses à deux.

Faudra quand même m’expliquer pourquoi on doit subir à deux ce que l’un de nous peut subir seul (alors que tu as remarqué que pour l’accouchement la question ne se pose pas). Est-ce qu’on aime plus parce qu’on fait rouler son caddie sur le pied de l’autre? Parce qu’on s’est battus comme des chiffonniers sur ce sujet brulant qu’est « C’est mieux le gâteau à la semoule que le gâteau de riz » Je ne crois pas non.

Je vais me taper les courses toute seule Ad infinitum (un peu de latin, ça fait chic) parce que mon conjoint est une grosse feignesse MAIS C’EST PAS GRAVE.

Ne jamais niquer le samedi soir.

« Mais enfin on est samedi soir! J’aurais jamais cru que tu me proposerais un truc pareil ESPECE DE SALE PERVERS »

Cette planification du coït m’angoisse au plus au point. Ca va pas être simple si on ne s’est pas vus de la semaine ou si on rentre dans une 3e guerre mondiale et qu’il a une perm’ (parce qu’il se sera engagé, c’est pas un pleutre) un samedi mais bon, j’y met un point d’honneur. On matera Ruquier et puis j’aurais envie de mourir (parce que je déteste Ruquier), mais je reste fidèle à mes idéaux.

On ne dira jamais ‘On »

-« On vient pour Noel oui »
-« On te dit ça vite »

Parce que ça va bien là! Déjà que je partage le_chat_qui_fait_rien, je vais pas en plus partager mon identité au profit d’un pronom impersonnel.

« Maverick et moi ne viendrons pas pour Noel, t’es folle Maman ? »

« Je ne peux pas sortir, je dois d’abord installer une fistinière avec Maverick dans le living room »

Les phrases seront plus longues certes, mais ça meublera les blancs.

Je ne préparerai pas de gigot d’agneau le dimanche pour la famille.

Parce que j’ai pas la moindre idée de comment ça se cuisine. Ensuite parce que autant je suis payée pour me faire chier au boulot, autant personne ne me rendra ces heures interminables où j’expliquerais à ma mère que non « on » ne va pas faire un petit tout de suite, parce « qu’on » a commencé à jouer avec Assassin’s Creed III et que ouais, les priorités dans la vie c’est important, tout en lui reservant des flageolets.

J’aurais toujours 14 ans d’âge mental

Ca implique pas mal de choses (que mes seins vont peut-être encore pousser, je ne perds pas espoir), mais tout ce que je peux en dire, c’est qu’il me faudra repousser les limites l’incompétence domestique (Ferme bien ta gueule Martha Stewart). So easy donc.

Je vous tiens au jus mais si je deviens blogueuse beauté et que je vous vante les mérites de la Nivea… Venez me chercher avant qu’il ne soit trop tard. Si Dieu veut, je nagerais dans le bonheur et je continuerais à vomir dans le lavabo quand je serais saoule.